Le Netflix de la formation : un mythe ?
Apprentissage et formation

Le Netflix de la formation est un mythe, voici pourquoi

Nous sommes vendredi soir. C’est la fin d’une longue et stressante semaine de travail. Vous n’avez qu’une envie : vous détendre. Tablette en main, vous vous installez confortablement dans votre canapé pour regarder … un tutoriel sur le montage vidéo. Personne n’y croit, pas vrai ?

Pourtant, qui n’a pas déjà entendu parler d’une nouvelle initiative de “Netflix for Learning” ? Ces solutions prétendent vous proposer un vaste catalogue de formations en ligne adaptées à vos besoins. Un algorithme crée des recommandations de formations personnalisées pour aider chacun individuellement à développer son expertise et à faire progresser sa carrière de façon ludique. 

L’analogie proposée par le Netflix Learning est pourtant loin d’être aussi limpide.. L’arrivée messianique de ces nouvelles plateformes, au-delà de la puissance algorithmique qu'elles suggèrent (et nous y reviendrons plus tard), se heurtent à des éléments bien concrets.

Et si on y réfléchissait à deux fois ? Après tout, tout le monde aime Netflix ! L’interface est intuitive, on peut y perdre des heures à regarder un contenu recommandé qu’on ne serait sans doute jamais aller chercher seul.

Il est donc aisé de comprendre pourquoi un « Netflix de la formation » fait tant jaser. Dans un monde professionnel qui ne cesse de se digitaliser, les entreprises n’ont d’autre choix que de s’adapter, et vite. L’afflux constant d’informations donne une charge de travail supplémentaire aux équipes formations obligées de s’assurer de la pertinence des contenus que reçoivent les apprenants. Une plateforme de formation en ligne attrayante à laquelle les collaborateurs deviendraient accros : la solution miracle ?

Malheureusement non.

Certains fournisseurs de plateforme de formation en entreprise réussissent à vendre cette image édulcorée. Et échouent ensuite dans leur promesse à impliquer massivement les collaborateurs. Et pour cause, un élément essentiel semble avoir été oublié : la raison pour laquelle nous regardons Netflix : nous détendre.

Le « Netflix de la formation » semble une fausse promesse car la majorité des plateformes de formation sont incapables de reproduire les stratégies d’identification et de fidélisation de Netflix. Comme le dit très bien Mario Barosevcic dans cet excellent article sur l’apprentissage en entreprise, « le contenu n’est pas roi ». C’est un nivellement par le bas, voici pourquoi.

Le rêve du « Netflix de la formation »

Nous vivons une drôle d’époque. Nos lieux de vie et de travail ont fusionné. Nos collaborateurs sont chez eux toute la journée et consomment toutes sortes de médias en plus de travailler.

Spotify par exemple, que nous utilisons de plus en plus en travaillant. Dans une lettre à ses actionnaires, Spotify a déclaré que désormais 2 utilisateurs sur 5 écoutaient plus de musique en travaillant pour gérer le stress lié à la crise sanitaire. Ils utilisent désormais Spotify autant en semaine que le week-end. 

Capter l’attention de vos collaborateurs : une bataille à grand échelle

Le travail est désormais en concurrence avec toutes sortes de plateformes et de services qui s’arrachent l’attention de vos collaborateurs. Ils prennent un café, parcourent leurs notifications, consultent un email de leur N+2 tout en gardant un oeil sur leur fil d’actualités Twitter, écoutent les sorties de la semaine sur Spotify, préparent la réunion d’équipe qui doit commencer dans 20 minutes et répondent en même temps au WhatsApp d’un cousin. Cette déferlante d’informations continue toute la journée.

Lorsque travail et vie privée fusionnent de la sorte, les managers n’ont plus le même contrôle sur le travail de leurs collaborateurs. La gestion des équipes impose de se fixer des objectifs précis, et c’est au collaborateur, et à lui seul, de décider comment les atteindre.

En tant qu’animateurs de formation ou équipes L&D, il vous faut désormais mettre les bouchées doubles pour motiver vos collaborateurs. Il ne suffit plus de dire « Ce cours est obligatoire, vous devez le suivre » (si tant est que cela ait déjà marché) car les apprenants sont désormais seuls juges de ce qui mérite leur temps et leur attention. Votre contenu de formation est désormais en concurrence avec les réseaux sociaux, l’actualité, et le divertissement proposé par Netflix.

Les départements formation ne sont absolument pas préparés à se lancer dans cette guerre de l’attention. Surtout face à des médias qui ont passé les 10 dernières années et des millions de dollars à perfectionner leurs stratégies d’engagement client. Ainsi, sous la pression de leurs supérieurs, les départements formation finissent parfois sur la touche.

 C’est ainsi que le Netflix de la formation est né. Une solution idéale, en apparence seulement.

 

Les départements formation ne sont absolument pas préparés à se lancer dans cette guerre de l’attention

Comment Netflix et Spotify attirent les consommateurs ?

Les plateformes de divertissement font souvent la une des journaux pour avoir investi des millions de dollars afin que Taylor Swift ou Omar Sy apparaissent sur leur page d’accueil. Canal+ par exemple, n’hésite pas à débourser près de 200 millions d’euros en droits TV pour récupérer la diffusion exclusive des matchs de Ligue 1 jusqu’à la fin de la saison.

Ces têtes d’affiche doivent permettre aux plateformes de VOD de faire croître leurs parts de marché, car ce sont ces célébrités qui incitent le consommateur à les regarder. Une fois les utilisateurs inscrits et habitués aux  plateformes, ils naviguent dessus pour y trouver d’autres options de divertissement. Mais pour réellement engager le consommateur, il faut une excellente raison. Et il y a trois bonnes raisons pour lesquelles Mathieu Chedid, Taylor Swift, ou Omar Sy sont de telles machines de guerre :

1. Ils ont passé des années à créer un lien fort avec un fan club attaché au son de leurs voix, à leurs visages et qui les suivrait sur n’importe quelle plateforme. Ces fans associent Mathieu Chedid à sa coiffure en forme de “M” et continueront de le suivre quelle que soit la qualité de son prochain album.

2. Leurs projets créent un engouement national, sinon mondial. À peine le tout dernier épisode de Game of Thrones sorti, voilà que tout le monde en parle, le tweet, le critique. Impossible d’y échapper si vous voulez faire partie du “club”. L’engagement augmente à mesure que l’impatience de découvrir le prochain épisode s’intensifie.  

3. Ces célébrités ont un tel charisme qu’elles créent une dépendance. Que leur travail soit qualitatif ou pas, on a envie de les voir, de les écouter, de les suivre.

Des acteurs comme Jean Dujardin, des réalisateurs comme Martin Scorsese, des artistes comme Daft Punk ont le pouvoir d’attirer et de fidéliser les fans sur le long terme. Dans cette bataille pour capter l’attention, ils sont les partenaires rêvés d’une plateforme B2C basée sur un abonnement, comme Netflix ou Spotify.

Cette étape est appelée Activation dans le célèbre modèle AARRR (acquisition, activation, fidélisation, parrainage, revenus). Une fois abonné, les plateformes comme Netflix s’appliquent soigneusement à fidéliser leur nouvel utilisateur. Il arrive un moment où l’utilisateur fait défiler les options d’affichage pour découvrir le contenu, c’est là qu’interviennent les recommandations.

Pour engager un consommateur, vous devez lui donner une bonne raison de s’abonner.

Fidélisation : Amazon versus Netflix

Une fois que vous avez été accroché par Omar Sy ou Dix pour Cent, comment Netflix fait-il pour vous fidéliser ?

Imaginez ce scénario : mardi soir après le travail, vous allumez votre télévision et découvrez une sélection personnalisée d’émissions, séries et films Netflix.

Netflix, comme la plupart des services de divertissement, base ses recommandations sur votre historique utilisateur. Sa seule source, c’est vous, c’est pourquoi ses recommandations sont pertinentes. A priori, vos goûts ne changeront pas drastiquement dans les mois ou années à venir.

Netflix, comme la plupart des services de divertissement, base ses recommandations sur votre historique utilisateur.

D’autres algorithmes de données comme Amazon, Facebook, et Google ont accès à des ensembles de données beaucoup plus larges. Ils exploitent à la fois votre calendrier, l’historique de vos navigations internet ou de géolocalisation ou votre Instagram, pour vous offrir des recommandations extrêmement ciblées. Ces données en ligne valent de l’or !

Pourquoi ont-ils besoin d’autant de données ? Si prédire les films qui vont potentiellement vous plaire est simple, imaginer quels produits vous pourriez acheter est plus compliqué. Il ne suffit pas aux algorithmes d’un seul historique d’achat pour vous offrir des recommandations suffisamment précises.

En revanche, si l’algorithme constate que vous avez prévu un voyage aux Antilles et que vous lisez fréquemment des articles sur la météo, il vous conseillera sûrement d’acheter un nouvel écran total bio. Et ce même si vous n’avez jamais fait la recherche sur Google auparavant. Le contexte importe, c’est ce que démontre la collecte de données. 

Voyons comment cela s’appliquerait à la formation.

Pourquoi les algorithmes de recommandations Netflix ne s'appliquent-ils pas à la formation ?

L’un des arguments de vente les plus importants du “Netflix for learning” serait justement la capacité de son algorithme à recommander du contenu de formation. Mais quelles données exploiter dans le cadre de l’apprentissage ?

Pour formuler des recommandations de formation à la Netflix, il faudrait se baser sur l’historique des consultations, les intitulés de poste et les données génériques de l’entreprise, ce qui conduirait à recommander le même contenu à ceux qui ont le même intitulé de poste. 

Quelles données utiliser pour recommander les bonnes formations ?

Chez 360Learning, nous sommes convaincus que l’on peut proposer un parcours de formation optimal grâce à des algorithmes similaires à ceux utilisés chez Amazon, Google ou Facebook plutôt que ceux utilisés par Netflix. En effet, ce parcours dépend du contexte, pas seulement de l’historique. 

Ces données contextuelles sont :

  • Les priorités soulevées en réunion
  • Les défis mis en avant dans les revues trimestrielles
  • Le feedback entre apprenants
  • L’ensemble des compétences de votre équipe
  • La familiarité du collaborateur avec un nouvel outil

C’est en croisant ces informations qu’on offrira des cours pertinents tant pour le collaborateur que pour l’entreprise.

Pour formuler des recommandations de formation à la Netflix, il faudrait se baser sur l’historique des consultations, les intitulés de poste et les données génériques de l’entreprise, ce qui conduirait à recommander le même contenu à ceux qui ont le même intitulé de poste. 

Comment apprend-on réellement ?

La méthode Netflix qui consiste à utiliser des stars du tapis rouge en tête d’affiche de ses programmes ne se décline pas sur une plateforme de formation. Contrairement à Netflix, un modèle de plateforme de formation “à la Netflix” ne convaincra pas immédiatement vos collaborateurs à utiliser ces plateformes comme des réseaux sociaux. 

Bien sûr, il existe quelques exceptions, comme la société Mentorshow : moyennant quelques milliers d'euros, elle bénéficie de noms comme Frédéric Mazella, Jean-François Piège ou Gaël Monfils pour promouvoir ses contenus. Josh Bersin, à la tête de la Josh Bersin Academy est aux RH ce qu’est Gaël Monfils au tennis ! Peu d’entreprises peuvent se targuer de telles ressources et d’une telle renommée.

Mentorshow

Même Mentorshow ne pourrait prétendre reproduire la stratégie de fidélisation Netflix, n’ayant pas accès aux données nécessaires pour maximiser la valeur de l’apprenant. C'est pourquoi ce sont toujours les mêmes cours qui sont proposés.

La bonne nouvelle c’est qu’il existe un autre moyen.

Le Collaborative Learning crée des niveaux d’engagement étonnants, comparables à ceux d’Instagram ou Quora. Notre plateforme de formation génère des centaines de points de données utiles pour personnaliser les recommandations de formation et offrir le bon module, au bon moment, à la bonne personne. Les utilisateurs de 360Learning s’engagent en moyenne dans 11 modules par jour, avec un taux de complétion de 91% par parcours.

Comment ça marche ? Consultez notre article « Pourquoi le Collaborative Learning est-il le futur de l’apprentissage en ligne » ou bien contactez nos équipes.

 

Le Netflix de la formation est un mythe, voici pourquoi